OBE - Transe ecsomatique



L'OBE est connue depuis très longtemps dans pratiquement toutes les cultures de la planète. Elle est décrite dans toutes les cultures chamaniques et on lui assigne alors les dénominations de vol magique, vol chamanique, voyage en esprit, voyage chamanique. Michael Harner l'appelle état de conscience chamanique (ECC). Chez les ésotéristes, on la nomme voyage astral ou dédoublement. Cette notion de double est d'ailleurs importante puisque le double est connu dans le chamanisme et dans l'ésotérisme. Mais pas uniquement. -
Ainsi, les anciens Germains avaient une conception très élaborée de la sortie hors du corps. Il décomposaient l'âme en trois parties :
Fylgjya : c'est le double de l'individu qui est comparable au Ka égyptien, une sorte d'esprit tutélaire prenant la forme d'une entité féminine ou d'un animal et protégeant la famille ou la personne qu'elle a adoptée. Fulgjya a deux fonctions, la première consiste en la protection - l'esprit tutélaire -, la deuxième en la prédiction qui a lieu pendant le rêve où le double apparaît et communique les informations utiles.
Hugr : est une force agissante ayant une vie propre. Hugr peut s'évader, prendre forme et réaliser les désirs de son propriétaire. « Le hugr, cette force qui va et dispose momentanément d'une personne pendant son sommeil , peut prendre une forme (hamr), une autre figure, humaine ou animale, et agir à distance, se montrer à un dormeur, intervenir corporellement. » Hugr peut donc être responsable des bilocations et, pourquoi pas également, des phénomènes de poltergeist. Mais aussi, si l'on est visité par le hamr d'autrui, « la seule chose à redouter est de se faire piétiner la poitrine par Mara, le cauchemar, la jument de nuit, hamr de certains dieux ou de magiciens. » Et là, nous entrons dans toute la problématique de la paralysie du sommeil avec les impression d'étouffement et les histoires d'incubes et de succubes, problématique que je traiterai à la page 118.
Hamr : est la forme interne de l'homme, celle qui détermine l'apparence extérieure. Un homme peut avoir plusieurs hamr, et, de plus, il n'est pas limité à son corps. Hamr peut voyager et alors, le sujet étant dans un état léthargique, hamr voyage sous plusieurs formes si nécessaire : la forme humaine et la forme animale, au choix.
Hugr est ainsi la force agissante, l'énergie spirituelle impersonnelle, mais maîtrisable par le chaman / magicien, qui anime hamr, la forme malléable et fulgjya, le double spirituel.
Le double est donc connu depuis longtemps et, suivant les époques et les lieux, il aura telle ou telle définition ou fonction. Ainsi le terme allemand Doppelgänger - le double qui marche - désigne une apparition grandeur nature avec des caractéristiques spectrales mais représentant une personne vivante. Cette apparition est rare et se produit généralement tôt le matin ou tard dans la nuit. Elle serait due à la fatigue ou au stress et les psychiatres et psychologues classent ce phénomène dans la catégorie de l'autoscopie, hallucination qui consiste à se voir soi-même.

Cette position est critiquable. Il suffit de se remémorer toute une littérature et un courant de pensée qui faisaient des chamans des malades mentaux épileptiques, pour se rendre compte à quel point il est facile d'éliminer des concepts gênants avec des théories pseudo-médicales.
Plus loin dans le passé, dans la tradition juive, le double était surnommé nephesh. C'était « un corps, animé, conscient, doué de la personnalité du vivant. Un corps fait d'une autre matière, plus légère, moins dense, plus subtile. »
On trouve des témoignages étonnants en relation avec des doubles. Ainsi Arlis Coger reçut la visite, pendant plusieurs nuits, de sa femme décédée. Voici ce qu'il rapporte :

Le corps d'Anna n'était pas alors celui que l'on avait mis dans la tombe. Il était plus jeune. Il avait le pouvoir de passer à travers les objets matériels. (...) Son corps était ferme, il était chaud. Nous pouvions nous parler, même si je pense que c'était sans la voix. Anna avait une sorte de corps spirituel différent du corps physique qu'elle avait avant. Je l'ai vue de plain-pied plusieurs fois quand elle se tenait près de mon lit. »
On pourrait ainsi multiplier les exemples de témoignages concernant les doubles, qu'ils soient issus de personnes vivantes ou décédées. Hallucinations ? Réalité ? Nous analyserons la question plus loin dans la discussion opposant rêve lucide et OBE.
Le double, c'est aussi celui

Ainsi le double vit, dans un autre univers, inaccessible au vivant dans des conditions normales. Mais le mage, le sorcier, le chaman peuvent volontairement transférer leur conscience dans leur double et agir de « l'autre côté du miroir », dans le monde invisible, le monde des esprits.
D'autres personnes ont cette faculté de voyager à l'aide de leur double, - que, dans la terminologie ésotériste, on nomme également corps astral ou corps subtil - spontanément, sans jamais avoir appris, sans jamais y avoir été initié, sans qu'un esprit ou un dieu leur en ait fait don. Une de ces personnes est Robert Monroe qui est une figure très intéressante dans la recherche sur la décorporation dans notre seconde moitié du XXème siècle.
Pour des raisons de commodités, j'utiliserai les termes d'OBE (out of body experience) ou transe ecsomatique pour désigner les sorties hors du corps, ces termes ayant l'avantage d'être neutres.

1. Robert Monroe : l'induction OBE à partir de fréquences sonores - découverte du procédé HemiSync

Robert Monroe est mort en 1995. Il avait été éduqué dans une famille d'universitaires et il avait une formation intellectuelle supérieure à la moyenne. En 1958, il est marié, mène une vie normale, est plutôt fortuné (ingénieur et producteur d'émissions de radio et de télévision aux États-Unis) et vit agréablement dans une belle campagne américaine. Il utilise des techniques d'apprentissage durant le sommeil dont il dit lui-même que c'est la seule chose un peu spéciale qu'il pratiquait à cette époque-là.
Un dimanche après-midi, il est seul et s'étend pour une sieste sur le canapé du salon. Il voit alors un rayon lumineux, qui pourtant ne pouvait exister eu égard à l'exposition de la maison. Lorsque le rayon le touche, le corps de Robert Monroe est pris d'une incompréhensible vibration qui finit tout de même par s'apaiser. Croyant à un malaise passager, il n'y attache pas trop d'importance, mais cela se manifeste neuf fois au cours des six semaines suivantes. Il consulte plusieurs médecins successivement. Tous le trouvent en bonne santé : ni épilepsie ni tumeur cérébrale, juste peut-être un peu de surmenage.
Les mois passent, la vibration continue à apparaître certaines nuits, parfois accompagnée d'autres manifestations : bruits, impression d'étincelles. Et puis, une nuit, voilà que Monroe ressent à nouveau une vibration et là, touchant le tapis d'une main, il constate que ses doigts s'enfoncent dans le plancher, le bras suit et, finalement, il sent le
contact de l'eau sur sa main. C'est alors seulement qu'il réalise la situation : il se sent tout à fait lucide, conscient. Il se voit allongé dans le lit sous les couvertures, au premier étage de la maison, respirant paisiblement aux côtés de sa femme endormie. Et en même temps, sa main joue dans un baquet d'eau au rez-de-chaussée avec la sensation du contact de l'élément liquide. Il se dit : « Comment se peut-il que je sois conscient à tous les égards alors que je continue à rêver'' que mon bras traverse le plancher de ma chambre ? ».
Pensant qu'il hallucine, il consulte un psychiatre de renom - qui ne s'intéresse guère à cette expérience -, car rien dans les connaissances de Robert Monroe ne peut l'amener à penser à autre chose qu'à des malaises physiques ou psychologiques. Et les choses étranges continuent à arriver, jusqu'au jour où... il se sent au plafond tout en se voyant dormir là, en bas, dans son lit. Il pense alors qu'il est en train de mourir et qu'en fait les vibrations le tuaient à petit feu depuis des mois. Tel un plongeur, il se précipite alors sur son corps et le réintègre aussitôt. C'est alors à nouveau la valse des examens médicaux, encore plus approfondis, qui se soldent une fois de plus par un constat de normalité. Ordonnance : tranquillisants.
Enfin, un psychologue de sa connaissance auquel il raconte ses aventures nocturnes, lui parle des adeptes du yoga qui prétendent pouvoir quitter leur corps physique à volonté pendant un certain temps et affirment pouvoir aller où ils le désirent.
Peu après cette conversation, et malgré ses réticences, Monroe commence à maîtriser ses sorties hors du corps. En se souvenant de ses doutes quant à sa santé mentale et de l'incapacité des médecins et psychiatres à l'aider, il en vient à penser qu'il doit y avoir des milliers de personnes internées dans les hôpitaux psychiatriques à la suite de telles manifestations, pourtant tout à fait naturelles pour lui maintenant.
Monroe entreprend de « voyager » dans ces dimensions qu'il découvre au fur et à mesure de ses explorations nocturnes. D'après ses récits, il découvre de nombreux plans, niveaux et lieux différents ; il y rencontre aussi des êtres, des entités énergétiques, qu'il nomme « Inspec » (abréviation de Intelligent Species ), entités qui l'emplissent d'un respect quasi religieux, tant il émane d'eux une aura numineuse. Pour Monroe, les Inspecs sont au-delà de l'humain, ils possèdent des pouvoirs et des connaissances très étendus et ils enseignent, instruisent, guident. Ce ne sont ni des dieux ni des anges, mais des formes de vie hautement évoluées, différentes, dont la fonction n'est pas clairement établie. La plus grande révélation lui viendra un jour de 1992 quand il comprendra que son guide privilégié, son ami Inspec, n'est autre que lui-même... dans un avenir lointain.
Robert Monroe participe à des expériences en laboratoire en 1967 avec le professeur Charles Tart , spécialiste dans l'étude des ENOCs. À son propos, le professeur Tart écrira : « Robert Monroe est unique parmi le petit nombre de personnes ayant écrit sur les OBE répétées ». Charles Tart attestera avoir été témoin également de phénomènes relevant du parapsychologique et tendant à prouver la réalité de la décorporation de Monroe. D'autres témoins dignes de foi, à leur tour, purent constater la réalité des informations rapportées par Monroe lors de ses « voyages », informations qu'il lui était impossible de connaître selon les voies normales .
En 1972, Robert Monroe est à la tête d'une entreprise réalisant plus de 60 millions de dollars de chiffre d'affaire. C'est alors qu'il décide de quitter son siège de directeur et de fonder l'Institut Monroe en Virginie, afin de faire procéder à des recherches sur le voyage hors du corps (Out of Body Experience - OBE).
Il avait remarqué que les sons, utilisés d'une certaine manière, provoquaient des états de conscience modifiés. À la suite de vibrations provoquées par des engins à moteur, il a, une nuit, vécu une expérience de décorporation. Président d'un groupe de radios locales de Virginie et de Caroline du Nord, il avait à sa disposition les moyens d'étudier ce phénomène. C'est ainsi que, connaissant les travaux sur les ondes cérébrales et leur tendance à se synchroniser avec des stimulations rythmées sonores ou / et visuelles externes à l'individu, il a expérimenté et mis au point une technique qui consiste à envoyer au cerveau par voie auditive des sons continus d'une fréquence donnée. Par exemple, pour produire une fréquence de 10 hertz, il suffit d'envoyer un son de 400 hertz à l'oreille gauche et un son de 410 hertz à l'oreille droite, cela provoque une vibration de 10 hertz à l'intérieur de la boîte crânienne et, par induction, la synchronisation des hémisphères cérébraux.
Ce procédé - mis au point vers 1969 - Monroe l'a dénommé l'HemiSync (synchronisation des hémisphères cérébraux). La différence de fréquence entre les deux sons influence le cerveau qui tend à se mettre en phase avec cette stimulation sonore. Cet effet, découvert par l'équipe de Monroe, est appelé FFR : frequence following reaction.
L'intérêt majeur de cette découverte réside dans le fait que le cerveau se synchronise avec les fréquences ainsi restituées par un casque stéréophonique. Il est donc possible, à partir de ce moment, d'induire toute une série d'états de conscience divers. Ainsi, avec une fréquence de 4 hertz (ondes cérébrales Thêta) stimulant le cerveau, une personne s'endort et avec 25 hertz (ondes cérébrales Bêta), la faculté de concentration, la vigilance s'accroissent. Il a ainsi pu provoquer différents états dont la peur, l'angoisse, le stress, des sentiments d'insécurité voire de panique, mais aussi de calme mental, de relaxation, de paix intérieure, de créativité, de joie, de concentration... Ces tests ont été menés sur des centaines de sujets et contrôlés à l'aide d'un électroencéphalographe.
Robert Monroe a eu l'idée de mélanger ces signaux entre eux et d'induire ainsi des états de conscience spécifiques, spéciaux, des ENOCs : un signal Thêta (sommeil) couplé à un signal Bêta (état d'éveil) induit un état particulier où le corps est endormi, alors que l'esprit veille et cela provoquerait de mystérieuses expériences mentales, telle la sensation d'être hors de son corps, par exemple.
Il a ainsi pu isoler 53 fréquences modifiant les ondes cérébrales. Les applications sont nombreuses et facilitent la visualisation dirigée, la suggestion, la résolution de problèmes, la focalisation de l'attention, la stimulation de la créativité, la stimulation de la mémoire et de l'apprentissage, applications qui ont été utilisées dans de nombreuses écoles américaines et par des médecins, psychologues, pédagogues, scientifiques et thérapeutes. Des tests ont été effectués par un département d'enseignement de l'armée américaine, et les résultats ont montré que 77,8% des étudiants qui ont utilisé cette méthode ont perçu une amélioration de leurs capacités sensori-motrices ainsi que moins de stress, un meilleur contrôle de soi-même, une motivation améliorée et de meilleures performances.
En ce qui concerne les ENOCs, il a pu provoquer des phénomènes particuliers allant jusqu'à des cas de décorporation (OBE).
Ainsi, à l'Institut Monroe, en Virginie, de nombreux sujets - dont des médecins, des ingénieurs, des militaires, des scientifiques de renom, tels Rupert Sheldrake ou Élisabeth Kübler-Ross, et aussi des personnes de toutes les couches socioprofessionnelles, venues de nombreux pays du monde - expérimentent avec l'aide de la technique HemiSync, sous contrôle scientifique et avec l'aide d'instruments extrêmement sophistiqués, divers ENOCs : expansion de la conscience, OBE, channeling, etc... En 1988, il y avait déjà sept mille personnes qui avaient pu ainsi, en Virginie, vivre des expériences d'ENOCs.
Voici le récit d'une expérience vécue par un directeur administratif à l'Institut Monroe :

Ceux qui passent par l'Institut Monroe de Virginie en reviennent avec cette connaissance : « Je suis bien plus que mon corps physique. Et parce que je suis bien plus que la matière physique, je désire ardemment élargir, pratiquer, connaître, comprendre, contrôler et utiliser des énergies et des systèmes d'énergie supérieurs bénéfiques et constructifs pour moi, mes proches et l'humanité ».
D'autres chercheurs se sont également penchés sur l'OBE et des enquêtes statistiques ont montré qu'un grand nombre de personnes auraient expérimenté au moins une OBE dans leur vie. Voici certains résultats :
- une enquête datant de 1945 à l'université de Duke a vu apparaître le résultat suivant : sur 155 étudiants, 27% avaient eu au moins une OBE et, dans ce pourcentage, 70% en avaient expérimenté plus d'une.
- en 1967, le professeur anglais Celia Green fit apparaître que, sur 115 personnes interrogées, 19% répondirent oui à la question : « Avez-vous déjà eu l'impression de vous trouver en dehors de votre corps? ». Sur un autre groupe de 380 personnes, le pourcentage monta à 34%.
- En 1971, Charles Tart obtint 44% de oui sur un groupe de 150 personnes ayant occasionnellement fumé de la marijuana.
- En 1974, John Palmer, professeur de psychologie, a l'idée de mener des expériences avec plusieurs dizaines d'étudiants volontaires, en utilisant des techniques diverses censées faciliter l'OBE. Avec l'utilisation de lunettes de déprivations sensorielles de type « Ganzfeld », à la deuxième session, ce furent 65% des étudiants qui expérimentèrent cet ENOC. Il y eut encore d'autre sessions qui donnèrent toutefois des résultats moins significatifs.
- En 1977, en Islande, le professeur Haraldson fait une enquête réalisée par courrier envoyé à des adresses au hasard : sur 902 destinataires, 11% répondirent en affirmant avoir connu au moins une OBE.
- En 1978, en Angleterre, le professeur Suzan Blackmore fait distribuer 132 prospectus sur l'OBE : 11% de réponses positives. Le même professeur Blackmore, en 1984, envoie un courrier à 592 habitants de Bristol choisis au hasard : 12,2% d'OBE déclarées.
- En 1979, 354 lettres envoyées au hasard à des habitants de Charlottesville révélèrent 14% d'OBE.
- En 1980, en Australie, sur 177 étudiants en première année de psychologie on a trouvé 12% d'OBE.
- En 1980, aux États-Unis, sur 406 personnes, membres d'une association pour l'enrichissement spirituel, 50% ont vécu une expérience d'OBE.
- En 1983, aux États-Unis, sur 200 étudiants de première année de psychologie, 23% d'OBE...
En 1978, lors d'une étude transculturelle menée par le professeur Dean Sheils à l'université du Wisconsin, on a vraiment pris conscience que l'OBE était connue dans tous les pays occidentaux.
Des Égyptiens anciens à la tradition juive, des sages de l'Orient (yogi, taoïstes, sadhu, bouddhistes des trois véhicules...) aux chamans, guérisseurs, voyants, thaumaturges, « hommes de connaissances » de toutes les cultures traditionnelles, de l'islam mystique jusqu'à des mystiques chrétiens... on trouve des expériences de transe ecsomatique.
Vers 100 après J.C., Plutarque raconte l'aventure de Thespesios qui voyage dans les astres et dialogue avec les morts avant de réintégrer son corps endormi. Déjà, en 400 avant J.C., Platon nous avait transmis l'expérience analogue du soldat Er , laissé pour mort sur un champ de bataille. Aristote, Simon le Mage, Apollonios de Thyane, Basilides ont, semble-t-il, vécu par eux-mêmes une ou plusieurs OBE.
L'Église, dans l'hagiographie, appelle ce phénomène « bilocation » - et c'est un nombre impressionnant de Saints qui montrent ce pouvoir : saint Ambroise au IVème siècle, saint François d'Assise, sainte Thérèse d'Avila, saint Antoine de Padoue, saint Augustin, saint Alphonse de Ligori, saint Jean Bosco...
On trouve non seulement des gens religieux mais aussi : Giordano Bruno , Alfred de Musset, Goethe, Maupassant, Poe et Baudelaire, Michaux, les poètes Tennyson, Shelley et William Blake. Et aussi, plus près de nous, D.H. Lawrence, Aldous Huxley, Arthur Koestler, Jack London, Hemingway, Charles Lindberg, René Daumal... Et la liste est loin d'être exhaustive.
Parmi ces expériences de sorties hors du corps, il en existe un cas particulier, découvert récemment, et appelé NDE (Near death experience, expérience de mort rapprochée). Depuis les années 1970, des ouvrages parlant de la vie après la mort regorgent de récits authentiques de personnes en état de mort clinique et qui ont alors vécu une expérience de type quasi mystique, où elles ont d'abord traversé un tunnel pour arriver dans un lieu que beaucoup nomment l'au-delà, où des amis, des parents, des Saints où même Jésus Christ les ont accueillis puis renvoyés sur Terre, car leur temps n'était pas achevé.
Cet ENOC est techniquement proche de l'OBE mis à part le fait que, la plupart du temps, il est marqué par une rencontre avec la Transcendance, ce qui se produit plus rarement dans une OBE. Les statistiques, aujourd'hui, estiment à environ huit millions les Américains ayant expérimenté une NDE ; aucun chiffre n'existe en ce qui concerne l'Europe, la recherche y étant balbutiante en ce domaine.

Ainsi le voyage hors du corps semble être une expérience relativement répandue. Cependant, le manque de connaissances dans ce domaine fait que ceux qui en font l'expérience sont souvent effrayés voire paniqués : la sortie hors du corps spontanée est alors interprétée comme une crise d'ampleur variable - cela s'étend de la peur de mourir à celle de la folie. Toutefois, c'est l'ignorance qui crée ces aspects traumatisants, car le phénomène en lui-même est considéré comme relativement inoffensif. L'apprentissage du voyage hors du corps et sa maîtrise amènent le plus souvent un profond changement : c'est une révolution psychique qui s'accomplit. C'est aussi la compréhension que « je » n'est pas uniquement le corps physique, mais aussi autre chose : un Moi plus étendu, une conscience plus élargie, plongeant dans l'inconscient collectif et le Sacré. Cette connaissance tend donc à développer une plus grande souplesse d'esprit, une faculté d'adaptation plus solide, un courage et une curiosité sans cesse à l'affût.
Ces caractéristiques sont aussi celles du voyage chamanique. Le chaman peut explorer les multiples facettes de l'outre-monde, toutefois sa fonction principale est celle de guérir et de « voir ».
Les capacités qui peuvent se développer par la maîtrise du voyage chamanique et de l'OBE seraient assez étonnantes. La sensation de liberté et de maîtrise de sa destinée donnerait une nouvelle dimension à l'être : une meilleure compréhension du fonctionnement de l'humain - des autres et de soi-même - une plus grande tolérance vis-à-vis de ses semblables, ainsi qu'un plus grand respect pour notre planète et ses habitants, de quelque règne qu'ils soient.
Des facultés mentales nouvelles, comme une pensée hors du temps et de l'espace, des facultés parapsychologiques (telles que télépathie, précognition, etc.) pourraient se développer. La capacité de stimuler les processus d'autoguérison - sur soi et les autres - semblerait également possible. Dans tous les cas, une fois dépassé le sentiment d'étrangeté, le voyage hors du corps / chamanique se révélerait transformateur. Il prouverait à celui qui l'expérimente qu'il n'est pas seulement enfermé dans une prison de chair, mais que l'esprit - ou quel que soit le nom de ce qui se décorpore - a accès à toutes les dimensions, à tous les plans d'existence, et donc à une connaissance sans limites - mais cela seulement une fois dépassée la peur de cette étrangeté, une fois acceptée la perte des repères habituels.
Car la peur est réputée être le seul et le pire obstacle : il n'y a aucun risque réel, c'est la peur en elle-même qui serait le plus grand risque. C'est elle qui ferait interpréter l'expérience en mode redoutable ; c'est elle qui fausserait jugement ou adaptation.
La barrière des émotions et de la peur semble ardue à franchir et c'est cela qui rendrait l'accès à l'OBE si difficile. Mais là aussi, patience et persévérance sont dits nécessaires pour finir par vaincre cet obstacle.

Ainsi donc l'OBE est un état de conscience très spécial, dans lequel le sujet dit être sorti de son corps et pouvoir se déplacer dans un environnement accessible uniquement par l'esprit. Voyons à présent quelles sont les caractéristiques de la transe ecsomatique.

2. La conscience en OBE :
Une fois hors du corps, l'expérienceur se voit coupé de la fonction cognitive normalement assurée par le cerveau. Ainsi, la
« déconnexion possible de notre système cortical, grand pourvoyeur de jugements, expliquerait la difficulté rencontrée par beaucoup à analyser et à raisonner hors du corps. Lors de mes incursions dans d'autres dimensions, explique Jeanne Guesné, il m'est impossible de raisonner, d'analyser, de déduire, la pensée parlée cérébralement n'existe plus. Je suis une conscience connaissance muette' alors que lorsque je rêve, je pense mon rêve, je le verbalise. »
Des choses simples, comme la lecture par exemple, deviennent délicates. Notre esprit étant coupé de sa « base », le cerveau, l'intellect semble fonctionner différemment. Le raisonnement est altéré, la mémoire est transformée également. Monroe rapporte à ce propos que de nouveaux souvenirs de lieux, inconnus de lui dans le monde matériel, appartiennent désormais à sa mémoire « terrestre » sans qu'il sache d'où ils lui viennent.
Un temps d'adaptation semble nécessaire pour développer de nouvelles attitudes cognitives dans l'état OBE, car l'émergence de fortes émotions y est fréquente et chaque pensée est suivie d'un flot émotionnel. Il convient donc d'apprendre à maîtriser ses émotions, à reconnaître ses systèmes de croyances, à fonctionner sans esprit analytique pour pouvoir valablement contrôler l'OBE.

OBE et expérimentations
L'OBE a été scientifiquement explorée pour la première fois en 1968 par le professeur Charles Tart avec un sujet nommé Miss Z. Elle était capable de vivre des OBE pratiquement chaque nuit et était donc un sujet intéressant à étudier. Elle a participé à quatre séances expérimentales étalées sur une période de deux mois où elle devait, une fois sortie de son corps, lire une série de cinq chiffres écrits sur un bout de papier et placés sur le haut d'une pendule près du plafond de la salle d'expérimentation . La première séance n'a rien donné. À la deuxième, Miss Z a pu se dédoubler et lire uniquement l'heure sur la pendule, mais pas les chiffres sur le bout de papier. La troisième nuit, Miss Z s'est retrouvée à l'extérieur du labo et rendit visite à sa sur. À la quatrième séance, Miss Z réussit à lire le chiffre exact : 15132. Mais Tart, bien que l'expérience ait eu lieu de nuit, s'est refusé à valider l'expérience, quand il s'est rendu compte qu'une personne ayant une excellente acuité visuelle pouvait lire les chiffres se reflétant sur le plafond laqué. Dans cette série d'expériences, Tart a remarqué que le tracé EEG des périodes de sorties hors du corps ne correspondait pas à un tracé de phase de rêve normal.

Après avoir détaillé rêve lucide et OBE, il semble qu'ils aient de fortes similitudes structurelles. Certains pensent toutefois qu'ils sont de nature différentes.



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