Voici quelques termes tirés du Glossaire de Philippe Cornu reproduit sur le site de Rigpa France : http://www.rigpafrance.org/spip/article.php3?id_article=74  

En rouge, les termes concernant plus spécifiquement le dzogchen.

Autolibération (rangdröl [rang-grol]) : Quand émotions, perceptions et pensées sont libérées spontanément dans l’état de rigpa, on parle d’autolibération ou de « liberté naturelle ».

Bodhicitta (tchangchoup sem [byang-chub sems]) : L’esprit d’éveil. On distingue la bodhicitta relative ou compassion et la bodhicitta absolue où l’on gagne la réalisation de la vacuité. Dans la bodhicitta relative, on cultive la bodhicitta d’aspiration où l’on engendre la compassion pour autrui par la pensée et les quatre incommensurables, et la bodhicitta de mise en action où l’on met en pratique les six pâramitâ*.

Bouddha (sanggyé [sangs-rgyas]) : Un Bouddha est un être pleinement éveillé. Il a purifié (sangs) toutes les passions et développé (rgyas) toutes les potentialités. L’état de Bouddha donc un état intégral et parfait, dénué de tout conditionnement et omniscient.

Calme mental (Shamatha, shiné [zhi-gnas]) : La pratique de méditation destinée à calmer les pensées par l’attention à un objet de fixation (respiration, lettre, image, etc.).

Canaux subtils (nâdî, tsa [rtsa]) : Voies de circulation des souffles subtils dans le corps, utilisées dans le yoga. Très nombreux, trois d’entre eux sont des plus importants : le canal central (rtsa dbu-ma) et les canaux de gauche et de droite (rkyang-ma, ro-ma).

Canaux, souffles et gouttes (nâdî vâyu bindu, tsaloung thiglé [rtsa rlung thig-le]) : Dans les canaux subtils (nâdî) circulent les souffles (vâyu, prâna) qui sont la monture de l’esprit. Les gouttes essentielles (bindu), matériaux de la pratique des yogas, sont répandus dans le corps et concentrées dans le coeur.

Cinq passions (nyönmong nga [nyon-mong lnga]) : Les cinq passions sont les cinq sortes d’émotions négatives principales : stupidité, colère, orgueil, désir-attachement et jalousie. Transmutées, elles deviennent les cinq Sagesses.

Cinq Sagesses (yéshé lnga [ye-shes lnga]) : Les cinq faculté cognitives primordiales, vides et lumineuses qui résident naturellement dans l’esprit de tous les êtres. Les cinq Sagesses qui sont donc cinq aspects de la connaissance primordiale propres à rigpa, la nature de Bouddha. Ce sont : la Sagesse de l’espace absolu (dharmadhâtu), la Sagesse semblable-au-miroir, la Sagesse de l’égalité, la Sagesse du discernement et la Sagesse qui tout-accomplit.

Compassion (karûna, nyingdjé [snying-rje], thoukdjé [thugs-rje]) : D’un point de vue général, le souhait sincère de soulager la souffrance d’autrui et l’action qui en découle. D’un point de vue Dzogchen, l’énergie compatissante (thugs-rje) qui jaillit spontanément de la réalisation de rigpa pour oeuvrer au bien d’autrui.

Corps absolu (dharmakâya, tchökou [chos-sku]) : La dimension absolue des Bouddhas, ou Corps de vacuité, sans forme ni concepts, d’où jaillissent les Corps formels.

Corps de jouissance (sambhogakâya, longtchö dzokpai kou [longs-spyod rdzogs-pa’i sku]) : La dimension de l’énergie et des qualités lumineuses des Bouddhas, Corps formel hors du temps, aux manifestations variées à l’infini, qui n’est perçu que par les bodhisattvas de la 8ème terre et plus.

Corps d’apparition (nirmânakâya, tülkou [sprul-sku]) : La dimension de manifestationdes Bouddhas au niveau des êtres sensibles ordinaires. C’est le second Corps formel, niveau de l’incarnation terrestre des Bouddhas pour enseigner et oeuvrer à la libération des êtres.

Corps d’arc-en-ciel (djalü [‘ja’-lus]) : Corps de lumière obtenu à la mort par les yogis réalisés, quand le corps grossier, constitué d’éléments, réintègre sa nature lumineuse.

Créativité (tsel [rtsal]) : L’énergie dynamique de rigpa, comparable à la projection extériorisée de lumières de cinq couleurs à partir d’un cristal.

Dzogchen (Mahâsandhi) : 1) L’état de perfection primordiale de tous les êtres et de tous les phénomènes 2) la voie qui mène à la réalisation de la perfection spontanée de toutes choses.  

Dzogrim (dzogrim [rdzogs-rim]) : Phase de perfection dans les tantras supérieurs.

Etat naturel : voir Nature de l’Esprit et Rigpa.

Karma (le [las]) : Terme qui signifie « action ». Désigne la loi des causes et des effets quand elle se rapporte à des êtres sensibles. Tout acte est une cause qui sera suivie immanquablement d’un effet de même nature, à plus ou moins longue échéance. C’est l’auteur de l’acte qui en subit les conséquences. Un karma est complet quand l’acte est prémédité, exécuté et ressenti comme satisfaisant par son auteur. Il existe des karmas positifs, neutres et négatifs, selon que l’acte est bénéfique, neutre ou produit de la souffrance. Le karma est le moteur de l’existence samsârique.

Kyérim (kyérim [bskyed-rim]) : La phase de développement dans les tantras supérieurs, où la visualisation de la déité et du mandala est faite par étapes (Mahâyoga) ou instantanément (Anuyoga).

Méditation (gompa [sgom-pa]) : terme général qui désigne habituellement un ensemble de « techniques méditatives ». Ainsi, Shamatha, Vipasyana sont des méditations. Selon le Dzogchen, la méditation est un état où l’on intègre tout dans la présence de rigpa. Ce n’est pas une pratique, mais un état.

Nature de l’esprit (semnyi [sems-nyid]) : Quand on examine complètement l’esprit ordinaire, on réalise sa vraie nature, c’est-à-dire sa vacuité. Cette réalisation débouche ensuite sur la reconnaissance de rigpa, si bien que le terme semnyi est parfois considéré comme son synonyme.

Omniscience (künkhyen [kun-mkhyen]) : L’état de Bouddha est caractérisé par la double omniscience : la connaissance qualitative des phénomènes dans leurs spécificités [ji-lta-ba’i mkhyen-pa] et la connaissance des phénomènes dans leur globalité [ji-snyed-pa’i mkhyen-pa].

Quatre visions (nangwa shi [snang-ba bzhi]) : Dans la pratique de thögal, les expériences visionnaires se développent en quatre stades : 1) Vision de la réalité manifeste (chos-nyid mngon-sum) 2) Vision de l’accroissement des expériences (nyams-snang gong-’phel) 3) Vision du paroxysme de rigpa (rig-pa’i rtse-pheb) 4) Vision de l’extinction (des phénomènes) dans la réalité absolue (chos-nyid zad-pa).

Rigpa (vidya [rig-pa]) : L’état de présence claire, discernante et éveillée qui transcende l’esprit ordinaire. C’est l’esprit d’éveil incomposé, sans naissance ni cessation, primordialement pur et spontanément présent. Dans l’état de rigpa, il n’y a ni fabrications conceptuelles ni distraction ni attachements, mais une présence pénétrante, vive et sereine.

Shiné, Shamata : voir Calme mental

Souffles (vâyu, prâna, loung [rlung]) : Les souffle internes dans les canaux sont le véhicule de l’esprit discursif. Quand les souffles karmiques se dissolvent dans le canal central, l’esprit s’apaise et se clarifie, tandis que seul le souffle de la Sagesse fonctionne.

Thiglé [thig-le] : 1) dans le Tantrisme, goutte essentielle de l’énergie. 2) dans le Dzogchen, disque lumineux.

Thögal [thod-rgal] : La pratique lumineuse du « franchissement du pic », qui prend place lorsque le trekchö est stabilisé. Cette pratique permet de sauter les terres. En d’autres termes, elle est un accélérateur.

Quelques autres termes :

Lopön : désigne lopön Tenzin Namdak, maître du dzogchen bön.
Trekchö : dans le dzogchen, pratique de stabilisation de l'état naturel.